6 novembre 2008
La bataille des européennes commence!
… par de mauvaises nouvelles!
Non, les mauvaises nouvelles ne concernent pas la reprise en main des choses par Nicolas Sarkozy mais bien les orientations qu’il semble suivre!
Dans l’article du Monde on apprend les premiers noms susceptibles de devenir têtes de liste: MIchel Barnier de par son statut d’ancien commissaire européen ou Joseph Daul de par sa position du Président du PPE au Parlement Européen. Mais on apprend aussi les liens que le chef de l’État compte nouer avec la droite extrême qui a fait systématiquement de bons scores lors des dernières élections.
Plusieurs réflexions me viennent donc à l’esprit: d’abord, c’est bien, enfin on commence à songer aux élections de 2009. C’est pas trop tôt car la campagne va être rude, surtout pour l’UMP qui n’a pas, malheureusement, une position claire vis-à-vis de l’Union (c’est bien quand c’est la France qui fait, c’est mal quand l’Union ne fait pas comme la France).
Ensuite, je n’ai rien contre des têtes de liste connues, surtout de la qualité de Michel Barnier mais je souhaiterais avoir l’assurance que les gens élus au Parlement de Strasbourg ne cumule pas avec une autre fonction nationale ou locale. Le travail de député européen est trop important et l’image de l’Europe est trop importante pour qu’on s’imagine que c’est sinécure! Avec cette assurance, défendre des gens compétents qui souhaitent représenter et faire fonctionner l’Europe serait un grand plaisir pour moi.
Mais attention tout de même, j’attends de voir le reste des listes car en dehors des têtes de liste il est important, voire même nécessaire, d’avoir de nouvelles têtes, de renouveler le personnel politique et de le former à l’Europe. Le Parlement européen a bien plus d’influence sur la vie des gens que chacun des parlements nationaux et il faut que les élus s’y conscrent pleinement et puissent lancer une nouvelle vision, donner un nouveau souffle. Cela ne se fera que par une nouvelle génération, véritablement européenne et non pas cynique et purement politicienne par rapport à elle, qui fera “carrière” en Europe et non pas en France. Je ne le répète: l’Europe n’est pas une antichambre à des ambitions nationales. Mesdames et Messieurs les futurs députés: si vous maniez bien votre barque et faîtes en sorte que l’on s’intéresse à travers vous à l’Europe vous aurez autant d’influence, sinon plus, que certains détenteurs de mandats nationaux. C’est à vous de jouer.
Et pour que cette dernière invitation fonctionne à plein, je vous livre ma grande réserve par rapport à la stratégie qui se dessine: que fait la droite extrême à l’Élysée? Les extrêmistes n’ont pas leur place au Parlement et d’ailleurs ils ne croient pas à l’Europe et encore moins au fonctionnement du Parlement. Ils ne viennent que chercher un salaire vite et bien gagné car il ne faut que 5% des voix pour avoir un siège – celui du chef du parti qui ne réussit rien d’autre de toute façon.
Comment contrer de tels individus, semblables aux eurosecptiques anglais qui sont la véritable aberration du sytème?
En prouvant aux électeurs qu’ils ne croient pas à l’Europe (un souverainiste est par définition quelqu’un qui s’oppose à l’Europe).
En rapppelant que tous avaient promis le grand soir en 2005 à l’occasion du référendum et que non seulement il ne s’est rien passé mais qu’en plus ils n’ont rien proposé ni rien commencé à faire pour profiter de leur victoir.
En démontrant que leur assiduité au Parlement est ridicule et qu’il s’agit bien pour eux de faire de l’argent (cet argument portera mieux si on affirme auparavant que le cumul sera interdit) car les chiffres de l’assiduité sont disponibles (c’est le bonheur de l’Union que de voir tous les documents traduits en plusieurs langues et être systématiquement publics).
Attention toutefois à ne pas faire une campagne négative uniquement. Il faut inciter les gens à adhérer au projet politique de l’Europe et pour cela il faut des idées, des initiatives, des projets EUROPEENS. Il ne faut pas commencer à affirmer que si on élit des Français la France se portera mieux: c’est faux, mensonger et ce n’est pas le sujet. Pour mettre en valeur la dimension européenne des projets, il faudra s’inspirer des documents édités par les partis européens qui pour la première fois vont faire un programme européen et non pas national. Les idées que les futurs députés vont défendre seront donc défendus dans 27 pays à la fois et devant 450 millions de personnes. C’est en renforcant cette dimension européenne qu’on évitera l’eurosceptisisme français qui se rapproche même de la peur de l’autre, de celui qui est différent.
À ce titre on peut déjà prendre connaissance du programme des libéraux européens (via Publius).
C’est pour cela que je plaide pour, sinon une campagne avec des têtes déjà choisies, au moins une campagne d’idées menée par l’UMP pour la droite en France où l’on profitera du statut de président de l’Europe pour mettre en valeur les possibilités offertes par l’Europe. La crise financière fournit un bon début.
Pourquoi la campagne n’est-elle pas encore lancée? Parce que le traité de Lisbonne n’est pas encore ratifié et que donc on ignore toujours le nombre total de député à élire. S’il ne l’est pas au moins de juin 2009, les élections se dérouleront selon le principe du traité de Nice qui prévoit 72 députés pour la France, 736 au total, alors que si Lisbonne parvient à aboutir, la France comptera 74 députés et le Parlement européen 750.
Il s’agit donc encore de patienter pour les chiffres exacts mais cela n’empêche pas de commencer des débats, des conventions, des meetings, etc. pour préparer l’échéance et éviter que les euroscpetiques profiteurs ne gagnent au final!